Une passerelle piétons-vélos entre St Cyr-Fondettes et La Riche : pour ou contre ?

Mis à jour : 3 déc. 2020

Passerelles pour mémoire et mémoire de passerelle.

Par JM MOINE , Fondettes.


Les téléspectateurs qui ont regardé sur la 3 Des racines et des ailes le 11/11 2020, ont vu le pont ferroviaire d’Albi, XIX siècle, en brique, en cours d’équipement par une passerelle piétons-vélos, en encorbellement côté aval, longue de 180m, large de 3,5m. Ce projet avait été inscrit au PDU du Grand Albigeois.

Le pont ferroviaire se situant en limite du périmètre classé au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 2010, la passerelle sera flanquée, sous les arches, de belvédères invitant à la contemplation du paysage urbain en amont : la cité épiscopale autour de sa célèbre cathédrale Ste Cécile, aux allures de forteresse. Le GR 36, qui emprunte le Vieux pont, devrait être déplacé sur la passerelle. Cette réalisation, dont Réseau français de France est partenaire, est un élément d’une stratégie de mobilité durable visant à répondre, en encourageant les déplacements à pied et à vélo, à la saturation automobile des deux ponts routiers sur le Tarn.

La passerelle sera complétée sur la rive droite, où elle contribuera à desservir une base de loisirs, par un parking multimodal (voiture/vélo, voiture/marche).


En Touraine, il y a aussi un PDU (2013-2023), qui prévoit parmi d’autres « franchissements », une passerelle piétons-vélos entre St Cyr-Fondettes et La Riche, sur la Loire dont la vallée est aussi l’objet d’un classement UNESCO (2000).


Lors du conseil d’agglo du 29/O9/2013, sous la présidence de Jean Germain, Philippe Briand, maire de St Cyr, avait déclaré : « On sera amenés, un jour, à faire cette passerelle St Cosme. Les habitudes changent /.../. Je vois beaucoup de gens qui vont à pied, à vélo pour leurs déplacements ». Cependant Alain Michel, maire de La Riche, avait bougonné qu’il la trouvait « onéreuse et n’intéressant pas beaucoup de monde ». Le 22 avril 2015, alors que des militants du Moucifon St Cosme – un petit collectif fondettois (qui a organisé entre 2007 et 2016 une série de manifestations biannuelles, pour la passerelle, avec Vélorution-Tours), avaient demandé à l’entrée de la salle Jean Germain, si St Cosme n’avait pas été rebaptisé St Glinglin, Emmanuel Denis, un élu-militant d’Europe-Ecologie-Les Verts, avait posé la question de la passerelle. Jean-Gérard Paumier, maire de St Avertin et vice-président de Tours Plus aux infrastructures, avait répondu qu’il travaillait sur le sujet. Mais « la crise économique sévère » combinée aux « réductions drastiques des dotations de l’Etat » avait asséché les espoirs de fructification de ses travaux. Le plan local d’urbanisme de La Riche en 2017, faisait miroiter un « franchissement doux (vélos-piétons) de la Loire (pont de St Cosme), permettant de relier les deux rives du fleuve ».

A la même époque, la nouvelle Métropole affichait son ambition de « devenir la destination d’excellence pour le vélo », son président s’affirmant « résolu à ne pas faire l’impasse en termes de lutte contre le réchauffement climatique et le renforcement des circulations douces » (donc, peut-être, en leur aménageant des voies dédiées : pistes cyclables ? passerelles ?). Pour autant, le fantôme de Ronsard a continué à traverser la Loire en barque pour rejoindre ou quitter son prieuré.

La Métropole ne cessant de répéter qu’elle « pense vélo pour le quotidien et le Tourisme », son délégué aux circulations douces se mit à susurrer que le VAE pourrait être la solution en permettant aux cyclistes vivant en aval de Tours de passer d’une rive à l’autre de la Loire en passant par le centre de Tours (pont Napoléon), sans perdre trop de temps ... Soit un détour d’environ 9 kms aller-retour...

Selon le proverbe bien connu : « A Tours, on a le goût des tours et des détours ! ».

Il y a quelques semaines, l’auteur de ces lignes a reconnu sous un élégant masque noir estampillé « Centre chorégraphique national de Tours », au rayon boucherie d’une coop bio, le nouveau maire de Tours qui achetait une poule pour le pot dominical, cher à Henri IV. Se souvenant que l’édile était aussi 6° vice-président métropolitain, délégué à la transition écologique et à la politique aéroportuaire, il lui a demandé si le développement de la « culture de la mobilité » dans la Métropole (jusque-là très orientée vers l’automobile et l’avion - lequel est la « richesse » et « l’enjeu de demain » pour l’ex–président Briand), faisait quelque peu avancer la question de la passerelle St

Cosme destinée aux mobilités non motorisées. En toute humilité, M. Denis a répondu qu’il n’en savait rien et qu’il fallait s’adresser au 18° vice-président délégué à la politique des mobilités et au schéma cyclable.

D’où cette question à M. Boulanger : On pétrit depuis longtemps le projet d’une passerelle entre St Cyr-Fondettes et La Riche. Va-t-il demeurer dans le pétrin ou va-t-on se décider, « un jour », à le mettre au four ?

Si nos élus en viennent à donner du sens aux prévisions et déclarations du passé, pour le monde d’après, ils ne manqueront pas de précédents où puiser l’inspiration. Les passerelles en encorbellement, moins coûteuses, sont les plus nombreuses. Nous avons eu le bonheur d’en emprunter deux, en Dordogne, aux Eyzies de Tayac (passerelle ondulée en bois sur consoles fichées dans les piles d’un pont routier, 1999), et au Bugue (passerelle métallique sur piles du pont routier agrandies, 2008). Sur la Loire même, on peut citer celle d’Olivet, 2011. Etc.etc.

Pour les passerelles indépendantes, le record du monde serait la passerelle des Trois Pays, entre Huningue et Weil-am-Rhein, un peu au nord de Bâle : 248m.

Ce type de passerelle n’étant pas totalement inconnu en Touraine, puisque l’une franchit le Cher, à Tours précisément entre les quartiers des Fontaines et des Deux-Lions...


JM MOINE


Rappel : Un premier viaduc routier a franchi la Loire entre St Cyr et La Riche en 1990, en oubliant les piétons et les cyclistes (à la différence par exemple du pont routier sur la même Loire en aval de Saumur). L’oubli a été réitéré lors du doublement en 2008.

Pour rattraper la bévue, le PDU 2013-2023 préconisait de s’appuyer « sur les ouvrages existants » (pont ferroviaire – mais Réseau ferré de France a rejeté l’idée de son équipement alors que la SNCF avait permis son utilisation par les cyclistes après sa reconstruction suite au bombardement de 1944 ; ou ponts routiers), « plutôt que de créer une nouvelle infrastructure ».


OUI, LA VIE SERA PLUS BELLE

VUE DE LA PASSERELLE


Et vous ? qu'en pensez vous ?


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