Aujourd’hui, quelle orientation professionnelle pour les plus jeunes et quelle réorientation pour...

Mis à jour : janv. 23

Aujourd’hui, quelle orientation professionnelle pour les plus jeunes et quelle réorientation pour les moins jeunes ?

Il y a quelques années à l’occasion de l’une de nos conférences d’échanges à Pôle emploi, nous avions évoqué la restructuration de plusieurs magasins de bricolage d’une grande enseigne nationale. L’un d’entre vous, qui en était chargé, nous précisait que les tarifs des produits vendus en magasin étaient les mêmes à Nevers et en région parisienne. Cet exemple est caractéristique d’une évolution importante à prendre en compte dans l’orientation professionnelle.

La capacité à acheter d’un habitant de Nevers n’est pas la même que celle d’un habitant de Versailles. Les emplois proposés à Nevers ne sont pas les mêmes en qualité et en quantité que ceux proposés en banlieue parisienne. Vous vous souvenez peut-être, l’année dernière je présentais une comparaison entre même métiers mais exercés différemment selon le lieu d’exercice Nevers et la Rochelle. La recherche d’un métier doit aujourd’hui prendre en compte le lieu d’exercice de son activité. Il y a quelques dizaines d’années, la population était géographiquement mieux répartie. Les industries fleurissaient dans tous les départements et constituaient autant de pôles attractifs pour le développement d’autres activités. Mais les industries sont parties et celles qui demeurent se concentrent dans quelques zones géographiques.


Que penser en cette nouvelle année 2021 de notre devise républicaine : Liberté, égalité, fraternité.


Si je vous propose l’espace d’un instant de réfléchir à notre devise, c’est pour mieux convaincre que tout change et que dans le domaine de l’orientation tout reste à découvrir.

Saviez-vous que plus de la moitié des travailleurs (employés salariés ou entrepreneurs) sont malheureux dans l’exercice de leur métier ? Vous n’êtes pas tous convaincus ? Pourtant cette question je me la suis peut-être posée plus tôt que vous et il y a bien longtemps. Cela fait 25 ans que je travaille à Pôle emploi. J’ai débuté ma collaboration à l’ANPE en 1994. Les entrepreneurs, les artisans, les commerçants sont préoccupés par leur rentabilité, sans savoir le matin, si le chiffre d’affaires nécessaire le soir aura été réalisé. Comme les entrepreneurs, les demandeurs d’emploi consacrent souvent les toutes premières minutes de leur réveil à leur situation quotidienne. Ces préoccupations ne sont pas sans générer des inquiétudes, parfois un stress important, parfois le stress est à l’origine de maladies. Il faut réussir à le gérer. Ce n’est pas évident.

Revenons un instant à notre devise républicaine, liberté, égalité, fraternité. La Liberté a été restreinte par la force de l’épidémie. L’idée d’égalité est-elle encore d’actualité avec l’importance du chômage et le développement de l’illectronisme (l’illectronisme c’est la difficulté, voire l'incapacité, que rencontre une personne à utiliser les appareils numériques et les outils informatiques). Et que dire aujourd’hui de la fraternité dans une société ou la violence s’amplifie sans cesse et durablement, tous les jours ?

Si le COVID a été un accélérateur de l’évolution sociétale (je dis sociétale car ce sont tous les aspects de la vie sociale qui sont remis en cause depuis quelques années), la COVID ne remet pas en cause les caractéristiques d’une évolution débutée il y a plusieurs décennies. Il en accentue ses effets en accélérant la diminution de l’emploi, salarié et non salarié. Cette diminution est progressive et continue depuis déjà plus de 30 ans, depuis de début des délocalisations et de la désindustrialisation.

L’augmentation du chômage développe, la violence, l’appauvrissement de la population, la baisse de la qualité dans le domaine de l’éducation, génère les manquements de plus en plus nombreux au respect des règles de la vie sociale, par les parents, par les enfants, ces difficultés contribuent au développement durable de l’abstention électorale. Toutes ces évolutions mettent à rude épreuve la démocratie. C’est toute la société qui est bouleversée, pas seulement en France mais dans tous les pays développés. Le travail est devenu un problème qui dure déjà depuis 30 ans et dont la gravité ne cesse de s’accentuer. Nous l’avons tous constaté ! il s’agit donc d’un postulat.


Aujourd’hui, quelle orientation professionnelle pour les plus jeunes et les moins jeunes ?

Pour construire une stratégie et tenter de s’adapter, pour nous adultes ou pour les enfants, au sujet des métiers et des emplois, du point de vue de l’orientation professionnelle, il nous faut d’abord accepter le constat que je viens de décrire qui je crois est partagé par le plus grand nombre d’entre vous. Ce constat est le point de départ des discussions, de nos recherches, grâce à vos interrogations, à vos commentaires, c’est un véritable travail d’équipe que de déterminer des idées et des métiers pour notre société.

Accepter le constat, c’est commencer à chercher le remède. Si le mécanicien ne diagnostique pas la bonne panne sur votre véhicule ou si le médecin ne vous donne pas le bon traitement, la solution ou le remède vont être difficiles à trouver ! Pour poursuivre le développement et la construction de notre société, il nous faut travailler ensemble et nous rencontrer. C’est que nous avons fait dans les conférences d’échanges depuis une dizaine d’années. L’interaction produit un regard collectif intéressant qui permet d’analyser d’une autre façon qu’avec le regard de l’internaute seul devant son écran ou celui du téléspectateur. Souvent notre indisponibilité ou notre incapacité (dans le contexte actuel de pandémie) réduit le temps possible pour la rencontre. Mais si nous continuons chacun dans notre coin, chacun de notre côté, à construire notre société, notre édifice, cet édifice risque d’être branlant, d’ailleurs il l’est aujourd’hui, on ne peut pas dire le contraire.


Si nous parvenons à accepter ce constat constitué de 4 postulats alors je crois possible que nous puissions commencer à voir à l’horizon des pistes de solution.

Le travail est devenu un problème. C’est-à-dire qu’au chômage important concernant toutes les populations, tous les âges sont venus se rajouter les burnouts de salariés.

Le commerce marchand (le commerce) et l’activité non marchande (l’activité des administrations et des associations) sont en France les deux secteurs d’activité les plus porteurs d’emplois.

Dans notre pays, l’emploi salarié diminue de plus en plus avec la désindustrialisation. L’emploi salarié s’est d’ailleurs développé en parallèle à l’industrialisation. Depuis 30 ans le chômage n’a pas cessé d’augmenter en parallèle à la délocalisation d’industries de la France vers d’autres pays dans lesquels la main d’œuvre est moins couteuse.

Plus de la moitié des personnes qui travaillent attendent les vacances, le week-end et même la retraite avec impatience car ils n’aiment pas ce qu’ils font ou la manière dont ils le font. Ils ne s’épanouissent pas dans l’exercice de leur profession.

Récemment, le développement du télétravail n’est peut-être pas un signe d’amélioration de ces conditions de travail, mais il faut prendre en compte cette évolution. Il faut se souvenir de ce qu’était le Verlagssystem qui existait il n’y a pas très longtemps. Lorsque je me promène dans les petits villages situés autour de celui où j’habitais dans mon enfance, à Fontaine-les-Grès, on voit encore de nombreux entrepôts de fabrication textile au milieu des fermes.

Pour mieux réussir l’orientation professionnelle, il convient de parvenir à mixer ses envies, ses capacités avec le marché local du travail pour un bon nombre d’emploi. Mais puisque le salariat tend à disparaître, il faut continuer à encourager l’esprit d’entreprendre et notamment chez les plus jeunes. Il faut placer les enfants en situation de découvrir tôt et dès que possible leurs aptitudes, leurs facilités et leurs difficultés afin qu’ils puissent mieux se connaître, connaître leurs limites, leurs préférences, plus facilement et progressivement pour pouvoir choisir eux-mêmes. Il n’y a pas que les adultes qui doivent s’entourer d’avis pour se faire le leur.

Notez que si la France n’est pas dans « Les 25 meilleurs pays du monde pour créer une entreprise » (selon le classement réalisé par le Forum économique mondial) la position de la France s’améliore, elle n’est toujours pas encore dans les 10 pays qui innovent le plus mais dans le Classement mondial de l'innovation : la France bondit à la 12e place selon l’Indice mondial de l’innovation


Bien à vous et bonne année malgré tout.

Stephane



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