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Action coeur de ville : les maires face au défi du "repeuplement"

Publié le 4 octobre 2019 par Michel Tendil / Localtis, à Arras

Cohésion des territoires, Aménagement et foncier, urbanisme, Logement





De Châtellerault à Rambouillet, de Châlons-en-Champagne à Dole, de Mantes-la-Jolie à Arras… un peu partout, le plan Action cœur de ville se met en branle, avec un impératif : faire revenir les habitants dans les centres. De quoi réamorcer la pompe, ramener de l’activité, des commerces... "Ce sont les résidents qui redonnent de la moelle pour les commerces, et non l’inverse", martèle Thierry Fèvre, directeur du développement local de Châtellerault (Vienne), lors d’un atelier des deuxièmes Rencontres Cœur de ville organisées par la Banque des Territoires, le 1er octobre à Arras. Si ce sont les fermetures de magasins qui ont alerté il y a quelques années sur la crise des villes moyennes, tout le monde s’accorde pour dire qu’il s’agit du symptôme d’un mal plus profond. Celui de la désertification et de la paupérisation des centres. En quinze ans, le taux de vacance des logements dans l’Hexagone est passé de 6,9 à 7,9%, soit 700.000 logements inoccupés de plus, selon une étude "La stratégie de repeuplement, c’est une stratégie globale"


Seulement il n'est pas aisé d'attirer les investisseurs sur un marché jusque-là atone. Vitré (Ille-et-Vilaine), pourtant souvent citée en exemple, en a fait l'amère expérience : un appel à projets pour un ensemble d'une centaine de logements, combinant mixité sociale et résidence pour retraités, est resté infructueux, faute de candidats. Châtellerault (Vienne), ancienne ville industrielle située à l’extrême nord de l’immense Nouvelle-Aquitaine, a été confrontée au même problème. "Dans un premier temps, on faisait venir des 'investisseurs Malraux'. Nombreux sont venus mais beaucoup repartaient", témoigne Thierry Fèvre, directeur du développement local. Le marché ne leur paraissait pas suffisamment porteur. "Pour attirer des investisseurs, il faut tout d’abord qu’ils sachent où l’on va, vendre l’image de la ville", explique-t-il. Alors la ville a travaillé sa "désirabilité", selon son expression, en aménageant les quais de la Vienne, en ouvrant des placettes, tout en conservant des équipements (collèges, lycées, zones de résidence jeunes, etc.). La ville a acquis 16 biens à rénover dans l'idée de susciter un effet d’entraînement. Un investisseur (Buildinvest) "a compris où on allait, grâce à la force de conviction des élus". Et aussi grâce aux aides de l'Anah dans le cadre d'un Opah-RU. Pour aller plus loin et comprendre les besoins des investisseurs, la ville a commandé à la Scet une étude "exploratoire" qui a dressé une typologie des investisseurs susceptibles d’intervenir dans chacun des îlots : les "fortunes locales", les "malins opportunistes" cherchant une rentabilité à long terme, etc. Presque un profil psychologique. La mayonnaise prend. "On sent vraiment que quelque chose fermente. Des gens commencent à croire dans leur ville. La mobilisation des agences immobilières est un sujet à part entière...", développe Thierry Fèvre. Récemment, l'enseigne Biocoop qui envisageait d’ouvrir un magasin en périphérie a revu ce projet pour s’installer dans le centre...

"C’est l’illustration que le logement fait partie d’une politique globale de réinvestissement des centres villes et que tout se tient", commente le préfet Rollon Mouchel-Blaisot, directeur du programme Action cœur de ville, à l’issue de ce témoignage. "La stratégie de repeuplement, c’est une stratégie globale. (...) Le cadre de vie doit redonner l’envie d’habiter en centre-ville."

Comme si Marseille s'étaient vidée de sa population. Et dans ce tableau, les villes moyennes sont les plus exposées (avec plus de 8% de vacance).

Maintenant que les études sont réalisées, les 222 villes du plan entrent dans la phase des réalisations : appels à projets, réhabilitations, constructions de logements, rénovation de l’habitat ancien.... Le ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, est venu dire aux élus et à leurs partenaires réunis à Arras de ne pas relâcher l'effort à l’approche des élections municipales et au contraire de se montrer "extrêmement volontaristes" (voir aussi notre article du 2 octobre). Et de s’approprier tous les outils mis à leur disposition, notamment les ORT (opération de revitalisation du territoire), le "Denormandie dans l’ancien"…


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